Sauvons la bio dans les cantines

Actualité - 09/03/2016

Sauvons la bio dans les cantines

Le mercredi 9 mars prochain, le Sénat débattra la proposition de loi numéro 303 visant à favoriser l’ancrage territorial de l’alimentation.
Adoptée à l’unanimité à l’Assemblée nationale le 14 janvier 2016 par l'ensemble des groupes politiques, cette proposition de loi a été profondément dénaturée à l’occasion de son passage en commission des Affaires économiques au Sénat le 2 mars dernier.
Un amendement, a en effet, supprimé l’obligation de respecter le seuil de 20 % d'aliments issus de l'agriculture biologique, à l'horizon 2020, dans la restauration collective publique.

Alors que le monde agricole traverse une crise sans précédent, cette loi privilégie justement :
✔ les circuits courts et de proximité et
✔ les produits bénéficiant d'un signe officiel de qualité et/ou d'origine telle que le label Agriculture biologique.

Alors que la demande en produits biologiques connaît une croissance sans précédent dans tous les circuits de distribution, celle-ci stagne dans le secteur de la restauration collective : les élus, les particuliers ainsi que les acteurs de la filière biologique attendent un signal fort du gouvernement pour promouvoir une alimentation saine et sûre dans les cantines. Et cette loi constitue une formidable opportunité !

Manger Bio Ici et Maintenant soutient la pétition lancée par Agir pour l'Environnement: signer ici un courrier pour vos sénateurs !
Relayez la vers vos réseaux, vos contacts d'ici mercredi matin !

http://cantinebio-senateurs.agirpourlenvironnement.org/

« Les filières bio ne sont pas en capacité de fournir la restauration collective » :
voilà un argument encore trop souvent entendu de la part des pouvoirs

publics, qui révèle une forte méconnaissance de la réalité agricole française.
Moins de 400 000ha sont nécessaires pour fournir les 20% de bio en restauration collective !
A l’aide du « convertisseur alimentaire » de Terres de Liens, nous avons estimé les surfaces
agricoles nécessaires : moins de 400 000ha suffiraient à fournir 20% de produits bio en
restauration collective (3 milliards repas / an). Pour rappel, l’agriculture bio représente 1,3
million d’ha en France fin 2015 et 220 000 ha ont été convertis, uniquement en 2015. Par
ailleurs, la grande majorité (76%) des produits bio consommés en France provient déjà de
France (et parmi les importations, la moitié est constituée de produits exotiques et de
spécialités gastronomiques que l'on ne produit pas en France).
Quoiqu’il en soit, ce débat est théorique : les acteurs de terrain savent bien que ce n’est pas
une question de quantité mais d’organisation de filières et d’adéquation entre offre et
demande locales.

Les producteurs bio sont déjà organisés et attendent les commandes !
S’il est vrai qu’en 2008, lors du Grenelle de l’Environnement, les filières bio françaises
étaient encore peu organisées pour approvisionner le marché de la restauration collective,
ce n’est plus le cas en 2016 ! En effet, les producteurs bio, motivés par la dynamique du
Grenelle, se sont organisés collectivement et ont créé des structures spécialisées
pour la restauration collective dans de nombreux territoires. Cela répondait aussi à une
demande des restaurants d’avoir un unique interlocuteur regroupant l’offre bio avec un
minimum d’intermédiaires.
1 http://convertisseur.terredeliensnormandie.org/
2 Par souci de simplicité, le calcul est basé sur les quantités moyennes consommées pour un repas du déjeuner
par un adulte, ce qui surestime grandement le résultat obtenu (le secteur scolaire représente à lui seul 38% de
la restauration collective par exemple). Par ailleurs, les 20% sont calculés en nombre de repas et non en chiffre
d’affaires.
3 Source : Observatoire de l’Agence Bio – conférence de Presse du 27/02/2016
Aujourd’hui, plus de 20 plateformes de producteurs bio existent ; elles couvrent plus de 70% des départements et sont aujourd’hui en attente de commandes plus qu’en déficit d’offre ! En effet, au lieu des 20% promis par le Grenelle de l’Environnement, les commandes bio atteignent seulement 2,7% des achats de la restauration collective en 2015.