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A Marseille, le mode de production bio ne peut être tenu responsable !

En novembre dernier, des enfants de six écoles marseillaises ont pu découvrir des « asticots » dans du riz de
Camargue conventionnel servit à la cantine. En janvier, la présence d?autres insectes était à nouveau suspectée dans
quelques écoles, cette fois-ci dans des choux bio et du riz conventionnel.

La filière bio était pointée du doigt dès le mois de novembre, pourtant le riz infesté n’était pas bio ! Réflexe identique
dès le mois de janvier, le bio était déjà coupable avant même de prendre le temps de comprendre ce qui se passait
et sans attendre les résultats des analyses commanditées par la Sodexo !
La Fédération Nationale des Agriculteurs Bio des régions de France (FNAB) et sa Fédération régionale Bio de
Provence Alpes Côte d’Azur jugent inacceptable cette accusation systématique et sans fondement de la filière bio
alors que c’est tout le processus de fabrication qui doit être audité, du champ à l’assiette, pour déterminer les
responsabilités.
Il s’avère en fait que les choux bio incriminés sont des légumes cultivés en France et fournis surgelés à la cuisine
centrale de Marseille, ce qui implique un processus de transformation assuré par un industriel fournisseur de la
Sodexo. Les processus de nettoyage, de blanchiment et de surgélation ont été réalisés par une entreprise implantée
dans le nord-ouest de la France. Celle-ci aurait dû détecter la présence des chenilles lors du processus de fabrication
et les retirer aussitôt du circuit. L’enquête devra dire si faute il y a eu.
En réaction à cet incident, le réseau des agriculteurs bio ne peut que regretter que la Ville de Marseille et la Sodexo
ne privilégient pas des produits frais bio et locaux, d’autant que la Ville a investi dans une nouvelle légumerie pour
pouvoir transformer les fruits et légumes frais, ce qui leur permettrait de rentabiliser cet investissement public.
Aujourd’hui, de plus en plus de collectivités territoriales utilisent le levier de la restauration collective pour favoriser
le développement de l’agriculture biologique sur leur territoire. La consommation de produits bio et locaux réduit le
nombre d’intermédiaires, diminue les transports polluants, préserve notre environnement proche et contribue
activement à renforcer la vitalité économique de nos territoires en créant plus d’emploi que l’agriculture
conventionnelle. Introduits en restauration collective, les produits bio sont aussi un moyen de lutter contre les
inégalités en permettant aux plus démunis d’accéder à des produits de qualité.
Ces incidents liés à la transformation pourraient être une réelle opportunité pour la Ville de Marseille et la Sodexo
pour revoir leurs sources d’approvisionnement et concrétiser un véritable engagement avec les producteurs bio
locaux pour construire des filières d’approvisionnement durables et transparentes.